- Des immeubles supports de création artistique
- Juin 2011
- Les opérateurs d’immobilier tertiaire n’hésitent plus à s’associer aux plus grands architectes internationaux, connus pour leur audace et leur créativité. Les nouveaux projets de La Défense*, de Boulogne-Billancourt, ou de Lyon Confluence témoignent de ce mouvement. Cette tendance s’accompagne parfois d’une transformation de l’immeuble en lieu d’interventions artistiques lors de son lancement ou de son inauguration.
- Depuis plusieurs années, Soferim a su mettre à profit ses différents chantiers parisiens (Faubourg Saint-Antoine, avenue d’Iéna, rue Général Foy…) pour des expositions temporaires. La société, présidée par Jean Papahn, a notamment mis sur orbite le Salon du dessin contemporain. L’art semble s’avérer un puissant outil pour véhiculer la singularité d’un projet et le doter au passage d’une nouvelle aura. Ainsi, un immeuble, devenu, momentanément un lieu culturel, reçoit clients, prospects, investisseurs, banquiers… Un bâtiment de grand gabarit peut aussi devenir, avant le démarrage des travaux, le théâtre d’une installation artistique monumentale. Certains volumes peuvent être très inspirants pour les artistes. Le directeur général de SFL, Bertrand Julien-Laferrière, a compris l’intérêt de telles rencontres en produisant deux gestes plastiques éphémères dans son opération du 46 quai Le Gallo à Boulogne. L’un d’eux, mis en oeuvre par le norvégien Per Barclay, créait, à partir d’une huile noire répandue sur le sol, une surface réfléchissante de 1 500 m2 ouvrant l’espace à une profondeur vertigineuse. Le reportage photographique de cette mise en scène amorcera une collection d’art contemporain sur les thématiques de l’architecture et de la ville. L’événement, limité à quelques jours, a permis de communiquer autrement, générer du buzz, inviter bien sûr le Landerneau immobilier mais aussi un public plus large...et de bénéficier de retombées presse*.
Dans le même but, mais intégrées durablement, les oeuvres commandées par Carlyle à Gérard Garouste ont envahi l’immeuble réhabilité du 23 rue de l’Université : fresque en céramique de 15 m, lustre, sculpture de 6,5 m de haut, portes en bronze en forme de haies végétales… L’ensemble, peut-être trop ostentatoire, a été relayé par un ouvrage illustré de superbes photographies de Mirela Popa. Carlyle pourrait à nouveau repartir sur une aventure artistique à l’occasion d’une rénovation rue Blanche. Les agences de communication évènementielle vivent une année faste. Il est vrai que les possibilités de magnifier un bâtiment sont multiples : art vidéo ou numérique, défilé de mode, concerts, projection de films…
Une autre expérience, initiée par Gecina, prendra la forme, au mois de juin, d’un soutien au Street Art avec un vernissage « Graff in the City » sur une opération de la rue de Lisbonne à Paris. Le carton d’invitation est déjà très engageant… La floraison de tours neuves ou rénovées de La Défense pourrait, à l’avenir, multiplier ce genre d’initiative. La scénographie lumineuse de First (Axa et Beacon) lors de son inauguration, au mois de mai, a donné un coup d’envoi spectaculaire.
- Alain Houpillart
Professeur Paris Dauphine
Les cycles de l’immobilier d’entreprise