CREDIT AGRICOLE IMMOBILIERCrédit Agricole Immobilier, dirigé par Guy Bernfeld, a quatre métiers : la promotion, le property, le facility et le conseil en investissement.
Philippe Birden, qui dirige l’activité du property management, présente les spécificités de cette structure, tandis que Christian Coutand traite du facility management.
M2 : Quelle est la taille du parc géré en property par Crédit Agricole Immobilier ?
Philippe Birden :
Nous gérons 2,1 millions de m2 dont 860 000 m2 en immobilier d’entreprise, pour l’essentiel du bureau, et 1 240 000 m2 en résidentiel, représentant 19 500 logements, dont 4 600 plutôt parisiens et haussmanniens. Le quittancement annuel représente 541 M€. Notre chiffre d’affaires de 2010, 31 M€, est généré par une équipe de 297 personnes basées à Montrouge pour Unibiens et à Toulouse pour Monné Decroix Gestion. Historiquement, notre activité est à dominante francilienne sur l’immobilier d’entreprise, mais nous assurons également une couverture nationale. En régions, nous nous appuyons sur nos implantations dans les grandes métropoles plus particulièrement dédiées à l'immobilier d'habitation.
M2 : L’activité property gère-t-elle aussi un patrimoine extérieur au Crédit Agricole ?
Philippe Birden : A l’origine, la politique était de travailler exclusivement sur les actifs d’exploitation du groupe ou des biens appartenant aux différents outils d’investissement dont les Scpi désormais gérées par Amundi Immobilier. Cette orientation est en train d’évoluer, outre les mandats d’Amundi, de Predica et d’Opci de notre giron, nous avons commencé à prospecter des actifs exogènes. Cet objectif doit toutefois être nuancé, puisque nous n’allons pas nous lancer dans une politique de surenchère en opposition frontale avec de grands groupes de property management. Notre vocation est, en priorité, d’étendre ses prestations à la clientèle privée haut de gamme de la Banque ou à des investisseurs ou des foncières privées qui disposent parfois de plusieurs centaines de logements et des immeubles de bureaux. Nous proposons désormais une offre globale de services en adaptant le property à cette clientèle haut de gamme. En parallèle, nous nous concentrons sur du tertiaire de grand gabarit. Nos deux institutionnels, Amundi et Predica, ont mené une politique d’arbitrage à l’égard des biens de petite taille. En suivant cette ligne, nous laissons la gestion de ces bâtiments à d’autres administrateurs. En revanche, nous accentuons notre présence sur des produits plus significatifs et surtout de plus grande taille. Un exemple précis de cette nouvelle politique est l’offre commerciale croisée property-facility élaborée et remportée sur l’ensemble Europe Avenue à Bois-Colombes, soit 65 000 m2 occupés par Gaz de France et IBM.
M2 : Comment voyez-vous évoluer le métier du property ?
Philippe Birden : La simple gestion des flux financiers est aujourd’hui insuffisante. Le métier s’est sensiblement qualifié. Nos services ont développé des missions de valorisation de biens immobiliers. Les propriétaires ont besoin d’une gestion active de leur patrimoine. Ils recherchent des solutions économes en énergie et les meilleures façons d’adapter leurs produits à toutes les normes issues du Grenelle de l’Environnement. Nous avons recruté de jeunes techniciens et des gestionnaires confirmés. Une équipe a été dédiée à la veille de toutes les nouvelles réglementations et à leur mise en application. Nous disposons aujourd’hui d’une certaine avance technologique. Depuis un an, nos services ont adopté le système d’échanges Fidji permettant d’adresser des données brutes, en un langage commun, à destination des clients et des analystes.
M2 : Dans l’activité de Crédit Agricole Immobilier, la place du facility ne cesse de progresser. Pouvez-vous la mettre en perspective ?
Christian Coutand :
Le pôle Facility représente aujourd’hui 75 personnes et gère 600 000 m2. Notre nouveau siège social, Evergreen à Montrouge, sur 55 000 m2, est devenu le site le plus en pointe de nos activités. Tous nos métiers y sont déployés ; de l’établissement des stratégies immobilières au travers des schémas directeurs du groupe, en passant par l’aménagement d’espace et l’architecture d’intérieur, le pilotage de travaux, sans oublier la gestion et les services aux immeubles et à l’occupant. Sur ces dernières activités, nous avons mis en place un logiciel qui suit en temps réel le traitement de tous les incidents sur le lieu de travail. Enfin, nous avons particulièrement développé l’aménagement de l’espace de travail, la performance et le confort du site ont été très étudiés : bornes Wifi, restauration diversifiée, espaces collaboratifs, lounges, conciergerie y contribuent.
M2 : Vous allez utiliser Evergreen comme un modèle de votre savoir-faire, une véritable vitrine.
Christian Coutand : Les missions que nous menons sur Evergreen vont être dupliquées. Nous allons progressivement déployer notre outil de Facility management. De plus, nous sommes déjà très impliqués sur des ensembles de grande taille comme ceux de Saint Quentin en Yvelines (75 000 m2), La Défense (110 000 m2) ou Pasteur (180 000 m2). Nous avons en permanence, sur chacun de ces sites une dizaine de personnes chargées de piloter les équipes des services multi-techniques, nettoyage, maintenance, mais également de faire évoluer nos processus, intégrer les démarches environnementales dans une recherche constante de l’amélioration de nos services.